Cependant ils se défendaient avec acharnement, et leurs tirailleurs nous causaient beaucoup de mal. Novalès était partout, animant ses soldats de la voix, du geste et de l’exemple, pendant que le lieutenant Ruiz s’occupait de pointer un des canons qui balayait le milieu de la rue où nous avancions.

Enfin, après trois heures de combat, le sauve-qui-peut commença. On fit main-basse sur tout ce qu’on rencontra, et Novalès fut amené prisonnier au gouverneur.

Quant à Ruiz, quoique atteint au bras d’une balle, il fut assez heureux pour franchir les fortifications et pour parvenir à s’évader; ce ne fut que trois jours après qu’il fut pris.

A peine le combat fut-il terminé, qu’on forma sur-le-champ un conseil de guerre. Novalès fut le premier jugé.

A minuit, il était proscrit; à deux heures du matin, proclamé empereur; et à cinq heures du soir, fusillé par derrière.

Ces revirements de fortune sont assez fréquents dans les colonies espagnoles.

Le conseil de guerre jugea sans désemparer, jusqu’au lendemain à midi, tous les prisonniers arrêtés les armes à la main.

La dixième partie du régiment fut envoyée aux galères, et tous les sous-officiers furent condamnés à mort.

J’avais reçu l’ordre de me rendre à quatre heures sur la place du Gouvernement, où devait avoir lieu l’exécution, à laquelle assistaient deux compagnies de chaque bataillon de la garnison et tout l’état-major.

Vers cinq heures, les portes de l’hôtel de ville s’ouvrirent, et au milieu d’une haie de soldats on fit défiler dix-sept sous-officiers, assistés chacun de deux moines et des frères de la Miséricorde.