Je chassais aussi le cerf à cheval et à la lance; cet exercice est très-amusant, malheureusement il occasionne souvent des accidents.
Chasse au cerf.
Voici comment: Les chevaux dont on se sert sont si bien dressés pour cette chasse, que dès qu’ils aperçoivent le cerf il n’est plus nécessaire ni même possible de les guider; ils le poursuivent de toute la vitesse de leurs jambes, franchissant tous les obstacles qui se trouvent devant eux.
Le cavalier, qui porte à la main une lance dont la hampe a de deux à trois mètres, la tient en arrêt; et aussitôt qu’il se croit à portée de l’animal, il la jette contre lui.
S’il manque son coup, la lance va se ficher en terre; alors il faut une grande adresse pour éviter le bout opposé, qui souvent blesse le chasseur dans la poitrine, ou le cheval.
Je ne parle pas des chutes que l’on est exposé à faire en allant au grand galop dans des terrains inconnus et inégaux.
J’avais fait ces chasses lors de mon premier séjour chez l’Indien; et, bien que je m’en fusse tiré à mon honneur, je n’avais pu obtenir de lui qu’il me fit assister à une chasse bien plus dangereuse et que j’appellerai presque un combat: celle du buffle sauvage.
A chacune de mes questions, mon hôte me répondait:
«Cette chasse est trop à craindre, je ne veux pas vous exposer à un malheur.»