Il évitait même de me conduire dans une partie de la plaine qui avoisine les montagnes de Marigondon, et où se trouvent d’ordinaire les buffles sauvages.


[1] Je m’abstiens d’écrire le nom de cet officier, à cause de sa famille.

Chapitre VI.

Tierra-Alta.—Chasse au buffle.—Retour à Manille.

Pourtant, après bien des instances réitérées, je parvins à obtenir ce que je désirais si impatiemment; seulement, l’Indien voulut savoir si j’étais bon cavalier, si j’avais de l’adresse; et lorsqu’il fut rassuré sur ces deux points, nous partîmes par une belle matinée, escortés de neuf chasseurs et d’une petite meute.

Dans cette partie des Philippines où nous nous trouvions, la chasse aux buffles se fait à cheval avec un lacet, les Indiens n’étant pas assez habitués à se servir du fusil; dans d’autres parties elle se fait à l’aide des armes à feu, ainsi que j’aurai plus tard l’occasion de le raconter; mais, quoi qu’il en soit, ces deux exercices sont également dangereux.

Pour l’un, il faut être bon cavalier et fort adroit; pour l’autre, il faut être doué d’un grand sang-froid et posséder une bonne arme.

Le buffle sauvage est tout à fait différent du buffle domestique, c’est un animal terrible; il poursuit le chasseur aussitôt qu’il l’aperçoit, et lorsqu’il peut l’atteindre de ses cornes aiguës, il lui fait promptement expier sa témérité.