L'samedi petite est la recette.

Cette chanson, qui a été recueillie aux environs de Saint-Brieuc, a une variante en Belgique wallonne:

Les cordonniers sont pires que des évêques:
Tous les lundis, ils en font une fête.
Tirez fort, piquez fin!
Coucher tard et lever matin.
Et le mardi, ils vont boire la chopinette.
Le mercredi ils ont mal à la tête.
Et le jeudi, ils vont voir leurs fillettes,
Le vendredi ils commencent la semaine,
Et le samedi les bottes ne sont pas faites,
Le dimanche ils vont trouver leur maître.
Leur faut l'argent, les bottes ne sont pas faites.
«Tu n'en auras pas, si les bottes ne sont pas faites.
—Si je n'en ai pas je veux changer de maître.»

En Espagne, il y a aussi un dicton sur la semaine des cordonniers:

Lunes y Martes de chispa, Miercoles la estan durmiendo, Juéves y Viérnes mala gana Y el Sàbado entra et estruendo.

Lundi et mardi jour de vin, le mercredi ils sont à dormir; jeudi et vendredi mauvaise santé, et le samedi recommence le bruit.

L'imagerie populaire a souvent représenté saint Lundi: en général un savetier entouré de gens de divers états est juché sur un tonneau; ses souliers sont éculés et déchirés, il brandit un broc, ses bras sont nus et portent un tatouage: deux bottes et un homme qui courtise une femme (p. 9).

Le placard de Saint-Lundi, publié à Épinal vers 1835, met ces vers dans la bouche du savetier:

Vous qui commencez la semaine
Au troisième jour seulement,
De Pompe à Mort, dit Longue-Haleine,
Gai savetier, buveur ardent,
Et de plus votre président,
Écoutez tous un avis sage
Que ma prudence va dicter:
Abandonnez votre ménage
Et venez tous rire et chanter.

Un des principaux personnages du Guignol lyonnais est Gnaffron «savetier, regrolleur, médecin de la chaussure humaine» et par-dessus tout «vénérable soifard».