L'image que nous reproduisons, d'après une estampe du musée Carnavalet, remonte au milieu du XVIIIe siècle; elle est accompagnée de ces deux quatrains (p. 57):

Qu'il est à désirer, dans le siècle où nous sommes,
Que toute tête folle et vuide de bon sens
En changeant de chapeau change de sentimens:
Alors on trouveroit des hommes vraiment hommes.

Si le chapeau pouvoit fixer tête volage,
On conseilleroit fort de toujours le porter,
À ces jeunes faquins, qui, pour jamais l'ôter,
Le portent sous le bras et n'en font point usage.

Parmi les industriels qui font de la publicité, les chapeliers tiennent de nos jours un des premiers rangs, ainsi que l'on peut le constater en regardant les images peintes sur les murs, les voitures-réclames et les prospectus distribués à la main.

[Illustration: Rue Mandar, No. 15. DANCRÉ, FLAMAND, Tient un assortiment de Chapeaux de Flandre et autres tout pret dans le dernier gout. A PARIS.]

Ce dernier genre a été employé dès le commencement de ce siècle, et probablement avant; mais on n'était pas arrivé au degré d'ingéniosité qui distingue la chapellerie de nos jours; on se contentait, en général, de cartes dans le genre de celle ci-dessus, et qui montre simplement les animaux dont le poil entrait dans la composition des chapeaux de l'époque.

On a su aujourd'hui être plus amusant, ainsi qu'on peut le voir par les deux réclames (p. 64), dont l'une est une sorte de rébus; l'autre, dont on peut voir sur les murs une variante chromolithographique, est une imitation, peut-être inconsciente, d'une image de ma collection, où un papillon placé à l'extrémité d'une planche est plus lourd qu'une femme qui se tient à l'autre bout.

[Illustration]

SOURCES

Monde illustré, 1894.—Revue des traditions populaires, X, 200.—C.-G. Simon, Études sur le compagnonnage, 79.—A. Coffignon, les Coulisses de la mode, 86.—Mélusine, III, 367.—Articles des gardes jurés, 1684, art. IV.—Les Numéros parisiens, 26.