[256]: Après une conversation avec Maroncelli, Carrel écrivait, le 1er mars 1831, dans le National, un article d'une éloquence indignée et brûlante.
[257]: De ce nombre était notre consul à Gênes. En mars 1831, quand M. de Sainte-Aulaire, nommé ambassadeur à Rome, traversa cette ville, le consul vint le trouver; fort étonné que l'ambassadeur n'eût été chargé de lui apporter aucune instruction particulière, il lui apprit en confidence «qu'il avait lié des rapports sur tous les points de l'Italie avec les chefs de l'insurrection». Il annonça que le Pape allait être chassé de Rome, les Autrichiens de Milan. «Quant aux troupes sardes, ajouta-t-il, j'en fais mon affaire; j'ai déjà pratiqué le commandant de la citadelle de Gênes, qui en ouvrira les portes au premier signal; on n'attend plus que des ordres précis du gouvernement français, et quelque argent nécessaire pour décider les consciences irrésolues.» M. de Sainte-Aulaire, stupéfait, eut beaucoup de peine à faire entendre au consul que sa conduite violait le droit des gens et contredisait la politique du gouvernement français. (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.) On comprend dès lors que M. de Metternich pût dénoncer dans tous les mouvements italiens l'action de la propagande française. (Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 126, 127, 153, 154.)
[258]: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 15. Voir aussi sa lettre du 3 octobre. (Ibid., p. 39.) Le 13 octobre, il écrivait: «L'Italie est encore tranquille, mais il serait dangereux de se laisser tromper par un calme plus apparent que réel.» (Ibid., p. 60.)
[259]: Dépêches de l'ambassadeur de France à Vienne, novembre 1830 et janvier 1831.
[260]: Dépêche de M. de Werther, du 1er décembre 1830, citée par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 150.
[261]: Le bruit se répandit dans les chancelleries que, pour les États sardes, nous faisions une distinction entre la Savoie et le Piémont, ne posant de casus belli que pour la première: on racontait que le général Sébastiani avait fait une déclaration dans ce sens au comte Apponyi. Mais peut-être celui-ci avait-il essayé de mal entendre. En tout cas, le ministre français démentit le propos qui lui était attribué aussitôt qu'il en fut informé par M. de Barante, notre ambassadeur à Turin. (Cf. la correspondance diplomatique du général Sébastiani et de M. de Barante; Documents inédits.)—Le gouvernement français chercha, à cette époque, à faire étendre au Piémont la neutralité qui venait d'être établie pour la Belgique. Sa proposition n'eut pas de succès. On voit mal l'intérêt qu'aurait pu avoir la France à se fermer ainsi la porte de l'Italie, tandis que l'Autriche y conservait une entrée libre.
[262]: Plus tard, Casimir Périer, dans une discussion de la Chambre des députés, le 13 août 1831, rappela à M. Laffitte le propos qu'il avait tenu étant ministre.
[263]: Dépêches de l'envoyé sarde, citées par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 151.
[264]: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.
[265]: Dépêches de l'ambassadeur de France à Vienne, et Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 121 et 156.