[479]: M. Guizot avait été le collègue de MM. Molé, Barthe, Martin du Nord, le général Bernard, l'amiral Rosamel, ou devait être celui de MM. de Salvandy et Lacave-Laplagne. M. Thiers avait été le collègue de MM. de Montalivet et Barthe.
[480]: Il paraît que, pour cette riposte, M. Molé a eu des collaborateurs. Après le discours de M. Guizot, la séance se trouva suspendue de fait, pendant une quinzaine de minutes; on vit alors M. Royer-Collard s'approcher vivement du président du conseil: c'était pour lui signaler la véritable portée du passage de Tacite; il alla même chercher à la bibliothèque les œuvres de l'historien romain. On ajoutait, dans ce temps-là, que l'attention de M. Royer-Collard avait été tout d'abord attirée sur ce point par M. Saint-Marc Girardin, partisan très-décidé du ministère.
[481]: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
[482]: 8, 9 et 10 janvier.
[483]: Les hommes de la gauche constataient en effet tout ce que M. Guizot avait fait pour se rapprocher d'eux. M. Léon Faucher, alors rédacteur du Courrier français, écrivait à M. H. Reeve, le 12 janvier 1839: «Entre M. Guizot et M. Barrot, la distance s'efface chaque jour. D'un autre côté, le parti de la Cour va si loin dans ses haines pour ceux qui l'ont abandonné, que les députés ministériels disent quotidiennement à Barrot: «Nous vous aimons mieux pour ministre que M. Guizot.» (Léon Faucher, Biographie et Correspondance, t. I, p. 77.)
[484]: «Nous ne saurions dire, écrivait un rédacteur du Journal des Débats au sortir de cette séance, combien d'art, d'éloquence M. Guizot a employés aujourd'hui, pour échapper au sens de l'Adresse et à l'approbation de la gauche. La protection de M. Barrot pesait durement sur cette noble et courageuse tête, et la courbait malgré elle. Nous, cependant, nous éprouvions une sorte de joie mêlée de tristesse, en reconnaissant du moins, dans cette lutte désespérée, tout l'ancien talent de M. Guizot, je ne sais quels cris de la conscience révoltée qui protestaient contre les nécessités d'une position fausse et, quelquefois encore, le langage du ministre du 11 octobre jusque dans le langage du coalisé. Nous étions émus au son du cette voix que nous avions si souvent entendue s'élever pour défendre l'ordre, au spectacle de ce vieil athlète de la majorité, obligé maintenant de blesser tous les sentiments de cette majorité et fatigué sous ses cris et ses murmures.» (10 janvier 1839.)
[485]: Journal inédit de M. le baron de Viel-Castel.
[486]: Lettre du 12 janvier 1839. (Documents inédits.)
[487]: Louis-Philippe écrivait à M. Molé, le 11 janvier au soir: «Il me semble qu'aujourd'hui, j'étais encore plus en cause que jamais, et que les insinuations sur l'affaire belge étaient aussi directes qu'étonnantes pour quiconque sait la vérité.» Le 12 janvier au matin: «Je suis trop heureux, quand je peux vous témoigner combien j'apprécie le courage, le talent et le dévouement que vous déployez dans cette inconcevable lutte. J'espère plus que jamais qu'elle se terminera heureusement.» Quelques heures après: «Quelle journée celle-ci va être pour vous, puisque c'est Ancône qu'ils vont exploiter! Je crois bien que c'est là ce qu'ils attaqueront le plus vivement, quoique, dans mon opinion et même dans ma conviction, ce soit la plus claire et la plus forte de toutes les questions que vous avez à défendre.» Le 12 janvier au soir: «Je vois avec une bien vive satisfaction que vos succès vont toujours crescendo...» (Documents inédits.)
[488]: M. Guizot écrit en effet dans ses Mémoires: «Quelques-uns de nos reproches à la politique extérieure de M. Molé étaient, au fond, très-contestables et avaient été efficacement contestés dans le débat.» (T. IV, p. 292.)