[487]: M. Charles Greville écrivait sur son journal, à la date du 24 août: «Mon frère m'écrit de Paris que le Roi est très-soucieux de conserver la paix et qu'en ce moment il tâte le pouls de la nation, en vue de régler sa propre conduite dans la crise prochaine. Bien qu'agissant maintenant en union apparente avec Thiers, il n'aurait aucun scrupule à résister à sa politique, s'il savait pouvoir compter, pour ses desseins pacifiques, sur quelque appui de la nation.» (The Greville Memoirs, second part, t. Ier, p. 300.)

[488]: On racontait à Paris que notre chargé d'affaires à Londres, ayant voulu prendre une attitude comminatoire, s'était vu aussitôt répondre par lord Palmerston: «Je connais le Roi mieux que vous; il ne fera jamais la guerre.» (Documents inédits.)—Voy. aussi plus haut, p. [291], l'incident analogue qui s'était produit entre M. Thiers et M. Bulwer.

[489]: Documents inédits.

[490]: «L'émoi est grand, écrivait le duc de Broglie à M. Guizot, le 3 octobre 1840, et Dieu veuille qu'on ne se lance pas dans des résolutions précipitées: j'y ferai de mon mieux.»

[491]: Documents inédits.

[492]: Ibid.

[493]: Nous lisons dans une lettre de M. Quinet, en date du 24 octobre 1840: «M. Thiers prétend avec ses amis que Louis-Philippe fait, en se levant, sa prière comme il suit: «Mon Dieu, accordez-moi la platitude quotidienne.» (Correspondance de Quinet.)

[494]: On lisait, à cette époque, sur le journal que l'une des princesses royales écrivait pour le prince de Joinville: «M. Thiers n'a pas insisté sur sa démission, mais ses journaux, pendant ce temps, jouent un singulier jeu: ils insinuent qu'il est en dissentiment avec la couronne, qu'il défend inutilement les intérêts nationaux contre le système de la paix à tout prix, et mettent désormais leur assistance à la condition d'une déclaration de guerre. Tout ceci ne présage rien de bon. J'y vois, Dieu veuille que je me trompe! la contre-partie de l'affaire d'Espagne en 1836. Thiers, qui sait l'immense responsabilité dont la guerre le chargerait, n'ose ouvertement la poser comme question de cabinet, et cependant il ne serait pas fâché de sauver sa popularité en rejetant sur le Roi les sages résolutions que l'opinion violente de la presse exaltée traite de lâcheté.» (Revue rétrospective.)

[495]: Nous lisons, par exemple, dans le Courrier français du 8 octobre: «L'Angleterre a, dans la pratique du gouvernement, un grand avantage sur nous. Ce qu'un ministre veut, il le peut. Ici, il n'y a pas un acte de résolution, si mince qu'il soit, qu'il ne faille arracher de vive force. La note la plus pacifique coûte huit jours de délibérations. Le gouvernement, tiraillé par deux influences contraires, épuise, dans cette lutte intestine, tout ce qu'il a de séve et de vigueur. Les conseils se multiplient durant cinq à six heures par jour, et sont presque toujours une bataille sans victoire. Il semble qu'un mauvais génie s'étudie à ne permettre que des enfantements qui sont des avortements.»

[496]: Lutèce, p. 130.