[267]: À Vienne, M. de Sainte-Aulaire ayant voulu entretenir M. de Metternich de la question d'Orient, celui-ci le pria de ne plus lui parler de cette affaire. «Je n'aurais rien de nouveau à vous apprendre, lui dit-il, et ma maxime est de ne jamais parler dans un lieu de ce qui se traite dans un autre.» Aussi M. de Sainte-Aulaire, découragé, avait-il demandé et obtenu un congé. (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)
[268]: M. Guizot dit lui-même modestement, en commençant, dans ses Mémoires, le beau récit de son ambassade: «J'avais beaucoup étudié l'histoire d'Angleterre et la société anglaise. J'avais souvent discuté dans nos Chambres les questions de politique extérieure. Mais je n'étais jamais allé en Angleterre et je n'avais jamais fait de diplomatie. On ne sait pas combien on ignore et tout ce qu'on a à apprendre, tant qu'on n'a pas vu de ses propres yeux le pays et fait soi-même le métier dont on parle.»
[269]: Pour le récit des négociations qui vont suivre, jusqu'à la signature du traité du 15 juillet, je m'attache principalement aux documents diplomatiques publiés dans les Mémoires de M. Guizot, en les complétant par les Papiers inédits dont j'ai eu communication, et par les publications anglaises, notamment: Life of Palmerston, par Bulwer; Greville Memoirs et Correspondence relative to the affairs of the Levant. Les documents qui seront cités au cours de ce récit, sans indication de source particulière, sont tirés des Mémoires de M. Guizot.
[270]: Lord Palmerston écrivait, le 16 avril, dans une lettre intime au comte Granville: «Il est manifeste que le gouvernement français nous a trompés dans les affaires de Buenos-Ayres, comme il l'a fait presque toutes les fois que nous avons été en rapport avec lui, par exemple en Espagne, en Portugal, en Grèce, à Tunis, en Turquie, en Égypte, en Perse, où sa conduite et son langage ont toujours été divergents. La vérité,—quelque répugnance qu'on ait à l'avouer,—est que Louis-Philippe est un homme dans lequel on ne peut avoir une solide confiance. Cependant, il est là, et nous l'appelons notre allié; seulement, nous devons être éclairés par l'expérience, et ne pas attacher à ses assertions ou professions, une valeur plus considérable que celle qui leur appartient réellement; plus particulièrement quand ses paroles sont, comme dans l'affaire d'Égypte, non-seulement différentes de ses actes, mais inconciliables même avec ceux-ci» (Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 272, 273.)
[271]: C'est le même sentiment qui fera dire, plus tard, en 1841, à la Revue d'Édimbourg, pour justifier rétrospectivement la politique de lord Palmerston: «La France humiliait l'Angleterre dans la Méditerranée.»
[272]: Lord Palmerston écrivait à lord Granville: «Le rapport qui m'a été envoyé par Hodges (consul anglais à Alexandrie), de son entrevue avec Méhémet-Ali, me fait penser que celui-ci finira par se rendre. Il était très-mécontent, extrêmement agité, très-violent et fort véhément dans ses affirmations qu'il ne céderait pas, les appuyant de serments solennels; tout ceci indique qu'il a conscience de sa faiblesse, et qu'au fond il a peur.» (Bulwer, t. II, p. 270.) Cette lettre est datée du 11 mars 1840: il y a là une erreur évidente; certains passages de la lettre, relatifs au général Sébastiani et à M. Guizot, lui assignent une date antérieure, probablement le 11 février.
[273]: Lettre précitée.
[274]: Lettre à M. Bulwer, du 14 mars 1846. (Bulwer, t. II, p. 284.)
[275]: On lit dans le Journal de M. Charles Greville, à la date du 5 septembre 1840: «Clarendon m'a montré, l'autre jour, une longue lettre qu'il écrivit à Palmerston en mars dernier, et où il discutait toute la question orientale, en indiquant les objections qu'elle paraissait soulever et en suggérant ce qu'il aurait voulu faire à sa place. C'était un document assez bien écrit et assez bien raisonné.» (The Greville Memoirs, second part, t. I, p. 301.)
[276]: Lettre à William Temple, du 27 juillet 1840 (Bulwer, t. III, p. 43.)