Un beau matin, il reçut une lettre de son frère aîné, avec lequel il n’avait cessé de correspondre, de loin en loin, il est vrai, mais d’une façon régulière. Il lui annonçait la mort de leur père, et lui disait que la succession étant réglée, il lui revenait, pour sa part, environ trois mille lires.

C’était, pour lui, la fortune et le moyen de réaliser son nouveau rêve. Justement, dans le quartier sicilien, un café était à louer, déjà très achalandé et dont la salle se prêterait merveilleusement à l’installation d’une scène, ce qui lui permettrait d’en faire un théâtre par intermittence.

Il le loua incontinent, et, trois mois après, il s’y installait avec sa femme toujours résignée, toujours aussi douce et aimante.

Encore qu’il eût beaucoup de peine à trouver, parmi les Italiens de la colonie, des artistes suffisants, et n’ayant guère à sa disposition que des amateurs bénévoles, grâce à la beauté de la Madalena, le succès dépassa ses espérances.

Il eut, d’ailleurs, la très heureuse inspiration, comme on était aux approches de la semaine sainte, de débuter par une de ces Passions, dont raffolent non seulement les Siciliens, mais tout le peuple de l’Italie méridionale.

Et il recommença l’année suivante…

....... .......... ...

*
* *

A Rhadès, sur la colline fleurie où l’amine du Souk des étoffes, possédait une maison de campagne.