» Guy de Maupassant. »

» C’est gentil, n’est-ce pas ?…

» A mon tour, autant pour distraire mes loisirs que par une certaine curiosité dont je reconnais la niaiserie, j’ai voulu compléter la collection de maman et j’ai écrit dernièrement pour avoir quelques mots d’eux, à Paul Bourget, Anatole France, François Coppée, sous la signature de Nicolas Podolinski. Seul, le poète des Humbles m’a répondu quelques lignes d’une aimable banalité.

» Moi, j’ai ri de ma déconvenue, mais maman en est presque mortifiée.

» Pauvre maman ! elle est si nerveuse, si « émotive », comme dit le médecin, qu’un rien, une bagatelle, une fugue de notre chatte Moumoutte, lui met des larmes aux yeux.

» Guérira-t-elle ?… Une fois partie, que deviendrais-je, grand Dieu ?… Seule au monde, il ne me restera plus qu’à vagabonder, à courir vers ce désert dont le lointain me fascine à travers les pages de mes deux auteurs favoris. Qu’Allah retarde cette heure, car il me semble bien que ce vide de mon âme ne sera jamais comblé ! »


Même cri, même plainte, mêmes aspirations pleines d’une tristesse contenue, dans un court billet d’où j’extrais ceci :

« … Pas très heureuse, quand maman était bien portante, me voici franchement malheureuse, depuis que je la vois souffrir, et que je songe à la cruelle et peut-être imminente séparation. Ce jour-là, hélas ! le Sahara, dont la nostalgie de plus en plus me tourmente, ne sera ni assez grand ni assez lointain pour y noyer ma douleur… »