« D’Isabelle, me dit-il, je ne possède que quelques brouillons, car je dois vous dire que, de cette correspondance, j’avais fait, pour elle, matière à devoirs arabes et à compositions poétiques, que je retouchais quelque peu, mais toujours seulement au point de vue prosodique et grammatical, respectueux de leur grâce et leur laissant toute l’originalité de la pensée ; je vous dirai tout à l’heure où vous pourrez peut-être trouver les originaux.
Voici d’abord une des premières piécettes par elle envoyées :
Je suis triste, ami lointain, et pourtant
Le printemps sourit dans les campagnes d’Anneba,
Le géranium et l’aubépine, le liseron et la pervenche
Bordent les sentes étroites des collines.
Les genêts balancent l’or éclatant de leurs fleurs.
Il y a autant de roses dans les jardins
Que d’étoiles resplendissantes dans le ciel,