Et de même, je prendrai pour elle
Un peu d’azur au firmament saharien,
Quand flambera l’heure du dohor (midi)
Fasse Allah qu’elle veille de mon présent.
Et du Tell au Désert, d’Anneba, la voluptueuse, à la sauvage Touggourt, le dialogue se poursuivait, tour à tour gracieux et naïf, nostalgique et langoureux. Isabelle était heureuse d’avoir provoqué cet écho lointain du pays ardemment rêvé, et peut-être quelque peu éprise déjà du poète saharien qu’elle savait, par moi et par d’autres, beaucoup plus âgé qu’elle — il avait dépassé trente ans — mais d’une beauté orientale à rendre rêveuses les plus jolies filles d’Occident.
Peu après elle lui disait :
Ami, dont la voix me vient du pays rêvé,
Oui, ton présent est bien celui
Que dans la détresse de mon âme
Je désire depuis des ans et des ans.