Puis, elle me tendit le miroir et me dit : « Tiens, Belkacem, tu as des femmes jeunes, coquettes et belles, prends-leur ceci et chaque fois qu’elles s’y regarderont, elles penseront à leur pauvre amie Si Mahmoud ».
Enfin, elle voulut que mon serviteur, qui était précisément le père de l’enfant par elle guéri, gardât pour lui la ceinture de tirailleur.
Restaient les papiers.
— Qu’en faisons-nous ? dit Si El-Houssine.
— Du feu ! répondit-elle en riant.
Mais le marabout est un grand lettré. Bien que ne pouvant lire le français, il savait que Si Mahmoud avait, au jour le jour, noirci ces feuilles en y mettant un peu de son cœur. Aussi, l’empêcha-t-il de les brûler, et si ma mémoire est fidèle, il les emporta.
Belkacem s’arrêta, me regarda, et me voyant blême d’émotion, il s’empressa d’ajouter :
— Peut-être est-ce là ce que tu cherches ? Et sans doute Si El-Houssine les a gardés ! C’est ce que je souhaite de toute mon âme, puisque tu y tiens tant que cela.