*
* *
J’étais arrivé au terme de ma randonnée fraternelle et que le Dieu de Si Mahmoud avait bien voulu bénir. Il ne me restait plus qu’à l’écrire et à publier, dans son intégrité absolue, l’œuvre posthume si heureusement retrouvée, afin que soit rendue à la Morte la gloire dont on essaya hypocritement de la dépouiller.
Six mois avant, j’étais, pour la troisième fois, revenu dans l’extrême Sud-Oranais, où, partout depuis Aïn-Sefra jusqu’à Ounif, j’avais entendu les Bédouins chanter les louanges de leur glorieuse amie. J’étais allé porter des roses du Tell, des jasmins et des violettes du Télemly sur son humble tombe musulmane, dans le petit cimetière désertique où Elle dort en paix son dernier sommeil :
....... .......... ...
Elle dort sous la dune à la robe de moire,
Non loin du ksar aimé, sous le palmier hautain
Dont les palmes, le soir, chantent sa jeune gloire
Et bénissent le Dieu qui fixa son Destin.
Car ceux-là seuls dont l’âme a des instincts vulgaires
Désirent de longs jours. Mais le cœur haut placé