Et ils se saluèrent simplement comme s’ils se fussent connus depuis leur enfance.

— Bonjour, Si Hamidou, fit la jeune femme.

— Et à toi, aussi, bonjour, Lella-Madalena, répondit le fils de l’amine qui s’empressa d’empiler coussins sur tapis pour lui faire un siège moelleux près de sa natte.

Elle s’assit sans hésitation, et posa sur l’adolescent son regard limpide :

— Tu m’attendais ? n’est-ce pas ? reprit-elle.

— Oui, et ma petite boutique était déjà toute éclairée de ton sourire.

Tous deux se turent, et ils entendirent battre leur cœur dans le silence du Souk désert, à cette heure matinale encore.

Un rayon de soleil filtra par les jointures de la voûte allumant l’or et l’argent de la familla, charmant petit boléro que l’adolescent était en train de broder pour une jeune mariée tunisienne.

— Sainte Madone ! s’écria la Madalena, que c’est joli ce que tu fais là, et comme je voudrais savoir broder comme toi, moi, qui ne sus jamais tenir une aiguille… »

Hamidou sourit, la regarda tendrement, et, très grave :