—Tu vis avec elle? dis-je à Roumana.
—Oui, répond-elle avec indifférence.
—Elle ne comprend pas le français?
—Oh! non, il n'y a que moi.
Comme si Abla avait deviné qu'il s'agissait d'elle, elle se rapproche de nous. Un dialogue s'engage, très animé, où je distingue les mots de «khallîni, khallîni» (laisse-moi tranquille), qui reviennent à plusieurs reprises.
Interrompant les discours de la vieille, Roumana secoue ses tresses noires, qui descendent en sillons bleuâtres sur son cou, et elle me conduit vers les femmes, qui toutes me souhaitent la bienvenue en s'inclinant trois fois. La jeune fille qui lui ressemble, c'est Salma.
—Je l'ai mariée au fils d'Abla, m'explique-t-elle avec importance.
C'est à ne plus s'y reconnaître! Voilà que sa sœur a épousé le fils de la première femme de son mari! Quelle famille!
Timidement, Salma me dit bonjour en mauvais français.
—Vous parlez aussi français?