— Je suis un peu souffrante, préviens ta femme. Je ne déjeunerai pas.

Lorsque Juliane, un peu plus tard, descendit pour prendre de ses nouvelles, elle achevait de préparer son sac de voyage et annonça à sa belle-sœur son départ pour Fontainebleau.

— Comment, s’écria Juliane suffoquée, vous partez, aujourd’hui, par ce froid… sans aucun motif ? Voyons, ma chère, c’est insensé ! Avez-vous tant d’argent pour le jeter ainsi par les fenêtres ? Et qui finira votre installation ?

Elle désignait d’un geste accusateur les objets qui, déballés hâtivement par les déménageurs, s’entassaient sur le parquet dans un désordre inextricable.

— Bah ! dit Laurence avec indifférence, j’ai toute ma vie pour ranger cela et je reviendrai dans deux jours. L’argent nécessaire, je l’ai trouvé. Il faut que je parte au plus tôt.

— Vous êtes attendue, sans doute ? interrogea Juliane ironiquement.

Laurence acquiesça d’un signe de tête.

— C’est vrai, dit-elle rêveusement. J’ai pris jadis avec les arbres un rendez-vous auquel je ne puis manquer.

Juliane éclata de rire.

— Avec les arbres ! Vous avez quelque chose d’urgent à leur dire ?