Je retourne au Palais d’Hiver voir Lounatcharsky.

Il a un mot admirable en lisant la réponse de ce bureaucrate.

«—Prenez son nom! dit-il à son secrétaire. C’est un honnête homme!...»

Il y en a donc si peu parmi les bolcheviks!

Le bon Sténeberg s’est chargé de porter lui-même mon papier à Moscou. Ce sera peut-être la fin de mes misères.

18 mai.

Ce pays est un singulier mélange d’horreur et de burlesque.

Le burlesque vient de se produire à cause de la détermination prise par la Commune de Petrograd d’avancer l’heure d’une heure et demie, à partir du 16 mai.

Je sais qu’en France une mesure de ce genre est prise chaque année, pendant les mois où il y a le plus de soleil. Les horloges sont avancées d’une heure.

En Russie, on n’a pas voulu, bien entendu, faire exactement comme en France. Une avance non pas d’une heure, mais d’une heure et demie a paru plus rationnelle.