On pourrait croire que ces marchands improvisés, ces exposants naïfs sont la proie des voleurs ou des spéculateurs.

L’apathie russe est trop grande. Elle empêche des gens fort mal intentionnés de se mettre voleurs, du moins isolément.

Ceux qui le font s’organisent en bandes qui opèrent à main armée avec des allures non pas de cambrioleurs, mais d’émeutiers ou alors de gardes rouges venant faire une descente chez des suspects.

Ils tâchent, d’ailleurs, presque toujours, d’avoir avec eux quelque fonctionnaire authentique de la police qu’ils intéressent largement aux bénéfices des opérations.

Mais au total ce commerce d’œuvres d’art marche assez bien. Il y a une véritable fièvre d’achats.

Beaucoup de gens veulent absolument transformer leurs roubles en quelque chose de palpable, et cela à n’importe quel prix.

Enfin, au milieu de tous ces ignorants, vendeurs comme acheteurs, il se glisse de véritables marchands danois et suédois bien connaisseurs et qui savent rafler à bon compte tout ce qu’il y a de bien.

Pas toujours à bon compte pourtant. Une esquisse de Corot, authentique c’est vrai, mais simple esquisse, a été payée 30,000 roubles.

7 juillet.

Un coup de théâtre, qui peut être gros de conséquences: