—Levez! commanda tout à coup la voix de Daumerie.

Hélas! notre régisseur a vu arriver le septième spectateur, le fatal septième.

Et, pour respecter ces maudits statuts, nous jouons la pièce, mais en conscience, absolument comme si la salle était pleine. Nous mettons même une sorte de coquetterie, fébrilement, à nous distinguer.

Il me semble que je n’ai jamais aussi bien tenu de rôle.

Devant sept spectateurs pourtant, quelle dérision!

Je ne peux pas m’empêcher de fixer des yeux ce septième, ce fâcheux, cet intrus.

Je le trouve effroyablement laid, avec des cheveux hirsutes, des yeux méchants, des mains sales. Cet homme doit incarner toute la révolution qui gronde. Je remarque qu’il ne s’est pas assis dans un fauteuil, mais sur un simple strapontin... Qu’est-il venu faire là?...

27 février.

Je m’étais endormie d’un lourd sommeil, brisée par ces émotions. Mais voilà Lydia, ma femme de chambre, qui me réveille de bonne heure, de trop bonne heure. Elle me supplie de me lever. Ce qu’on craignait est arrivé. Les soldats sont passés du côté du peuple et massacrent les officiers qui leur commandent de tirer sur les manifestants.

La situation de mon appartement est dangereuse. J’habite au rez-de-chaussée et je suis à la merci de ces hommes. Il n’est que temps de prendre des précautions.