La guerre! Qui y songe encore, ici, dans ce peuple d’apathiques, de serviles!

Que leur importent les milliers de frères russes tombés pendant plus de trois ans!

Mais quelle joie pour une Française!

Les nouvelles ont beau être laconiques, morcelées sans doute.

L’attitude même, le silence de ces journaux amis de l’Allemagne sont singulièrement significatifs.

Et puis il y a des choses qui sont dans l’air, qui se transmettent, se répandent à des milliers de lieues. Par la radio, à la mission française, on a saisi—bien qu’imparfaitement—des mots qui sont de l’espérance.

Ah! partir! partir! Quitter cette terre de malédiction, cette terre morte, pour retourner dans ma chère France, vivre les heures qui vont venir...

2 août.

C’en est fait... Nous ne pouvons plus partir.

Les Allemands ont avisé les Suédois de ne laisser monter sur leurs bateaux, sous aucun prétexte, des sujets alliés.