Ce qui le prouve, ce n’est pas tant les communiqués allemands, où il faut savoir lire entre les lignes, que l’attitude de Lénine et de Trotsky, qui, assurent ceux qui les approchent, ne décolèrent pas.

6 août.

Une nouvelle me bouleverse. Un ami arrivé de Moscou m’annonce qu’on y arrête les Français et les Anglais. Lui-même me dit avoir échappé miraculeusement à la rafle.

Les gardes rouges se rendent de maison en maison, questionnant les portiers sur la nationalité de leurs locataires.

Je ne fais qu’un bond au téléphone pour prévenir un de mes amis, le capitaine Lelasseux, qui doit partir à 8 heures pour Moscou, qu’un de ses camarades est arrêté ainsi que plusieurs membres de la mission.

Malheureusement, il me faut être prudente et je lui dis seulement:

«—Ne partez pas!

«—Pourquoi?

«—Impossible de rien dire. Rendez-vous dans vingt minutes devant le Jardin d’Été.

«—Entendu.»