9 août.
Les Allemands viendront-ils? Personne ne peut le dire. Beaucoup de gens assurent qu’ils font leurs malles. S’ils viennent, nous serons certainement tous faits prisonniers et envoyés dans un camp de concentration. D’un autre côté, on dit que les Alliés sont à Vologda et qu’ils ont déjà pris Nijni-Novgorod et Kazan.
Aucun journal ne paraît, excepté ceux du parti bolchevik.
L’angoisse étreint la ville entière!
Je sors avec prudence, évitant les gardes rouges qui se promènent, car je veux finir de transporter chez ma voisine du quatrième tous mes objets de valeur, craignant que les bolcheviks ne s’emparent de nos appartements et les réquisitionnent.
A l’ambassade d’Angleterre on ne connaît pas encore le résultat des pourparlers engagés avec Ouritzky pour obtenir la libération des prisonniers alliés.
L’attaché naval Cromie me raconte qu’on est venu pour l’arrêter, mais qu’il a pu se cacher chez des amis où il a élu domicile, entre le plafond et le toit.
Je retourne passer la nuit sous le portrait de Sa Majesté.
11 août.
Bravo! Les nouvelles sont meilleures. Les Allemands sont partis, ils ont quitté Moscou et Petrograd, leur situation n’étant plus tenable. Le remplaçant de Mirbach, Helfferich, recevait chaque jour des menaces de mort. Ils donnent une raison enfantine de leur départ. Ils tiennent à prouver aux Alliés qu’ils n’ont rien de commun avec les bolcheviks.