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De France aussi les nouvelles sont meilleures, excellentes même.
Ah! tenir, tenir jusqu’au bout.
28 août.
De la nervosité toujours... De l’anxiété...
M. Scavenius, le ministre danois chargé des intérêts français, a obtenu l’élargissement des prisonniers alliés, mais les bolcheviks ont déclaré que, dès la prise de Vologda (le bruit avait couru que c’était chose faite, il était dénué de fondement), quatre cents Alliés seraient pris comme otages. Qu’adviendra-t-il alors d’eux? Ils sont capables de les fusiller. Quelle vie! On voudrait s’endormir et se réveiller hors de ce pays maudit. Et il est presque impossible d’en sortir. Les frontières finlandaises sont fermées depuis hier, même pour les courriers neutres. Seuls les Allemands, les Turcs et les Autrichiens sont autorisés à passer.
Sans être psychologue, on reconnaît toujours la manière boche. Du côté de la mer, les Allemands exercent aussi un sévère contrôle aux îles Aland. Naturellement, les Suédois n’acceptent pas les Alliés sur leurs bateaux. Impossible aussi de passer par Arkhangel ou par Vladivostock: la route est occupée par les troupes des soviets.
Le bruit court d’une triomphale victoire française. On parle de 280,000 prisonniers et on dit que Lille serait reprise. Je n’ose y croire.
19 août.
Rien. On ne sait rien de bon. Les cartes semblent vouloir s’embrouiller de plus en plus. Les Alliés ont fait un appel au peuple russe. Ils déclarent qu’ils sont leurs amis, et lui demandent de leur faire confiance. Ils se chargent de faire arriver des vivres et de remettre l’ordre. Les bolcheviks ont répondu en déclarant une guerre à mort aux Alliés.