Alors, j’ai payé d’audace.
M’intitulant avec aplomb secrétaire de la chancellerie de l’ambassade d’Espagne, je me suis rendue avec le secrétaire de l’ambassade trouver froidement le terrible commissaire Petroff aux Affaires étrangères. Je veux lui demander ce que veulent dire ces perquisitions.
J’apprends que depuis peu Petroff n’est plus là. Il a été pris la main dans le sac et emprisonné à son tour.
Un autre commissaire me reçoit. Il ne sait pas un mot de français. Je sais très peu le russe et le secrétaire pas un mot.
Néanmoins, nous finissons par nous comprendre; il téléphone à Smolny pour savoir s’il y a ordre de perquisitionner à l’ambassade. On répond que non. Et j’obtiens à force d’amabilité et de diplomatie un papier de protection défendant à quiconque de pénétrer dans l’ambassade sous menace de sérieuses poursuites.
Ouf!
10 septembre.
Hier soir, les gardes rouges ont encore reparu. Mais dès qu’ils ont pris connaissance du papier, ils se sont retirés.
Allons-nous enfin pouvoir dormir tranquilles?...
M. Contreras est revenu de Moscou.