«—Eh bien, lui fis-je, je repars tout de suite à l’ambassade d’Espagne. Vous connaissez les sentiments de M. Contreras. Il fera l’impossible pour sauver nos compatriotes.»
Je ne m’étais pas trompée. Dès les premiers mots, le chargé d’affaires espagnol déclara:
«—Il faut agir immédiatement. Je vais convoquer les ambassadeurs neutres.»
Mais la même phrase revient:
«—Il faudrait surtout que la Suède soit des nôtres. Nous ne pouvons rien sans elle. Je ne puis pourtant lui demander ses intentions, car il m’est impossible de m’exposer à un refus.»
Comment être sûr de ses sentiments?
Alors j’ai osé m’écrier:
«—J’irai, moi. Je connais le chargé d’affaires, le baron Koskull. Il me recevra.»
Et je partis comme j’avais dit, très audacieuse, mais parfaitement calme.
Le baron Koskull m’a reçue tout de suite, me demandant ce qu’il pouvait faire pour m’être agréable.