J’y trouve M. Pierre Darcy, qui lui aussi, a reçu une convocation et va partir pour Moscou. Je lui conseille de ne pas y aller et de venir plutôt se cacher à l’ambassade d’Espagne. Je lui représente le danger qu’il court. Peut-être l’arrêteront-ils encore une fois. Il me rassure en me disant qu’un secrétaire danois l’accompagnera.
«—Vous avez tort. Ça ne fera que les exaspérer, vous savez comme moi qu’ils ne respectent rien.»
Mais M. Darcy, s’affermissant dans sa détermination, me dit:
«—J’en profiterai, au contraire, pour leur faire signer la feuille de départ des femmes françaises et des hommes au-dessus de 48 ans.»
Je n’insiste pas, mais j’ai bien peur pour lui.
On ne peut rien faire à la légation pour Mᵐᵉ de Cheremeteff, car elle est devenue Russe par son mariage. La pauvre jeune femme, en me quittant pour se rendre à la Gorokovaïa, ajoute:
«—Si vous n’avez pas de nouvelles de moi demain matin, c’est que je serai arrêtée.»
J’admire son calme et son courage.
23 septembre.
Je touche au but.