Agacée, je répondis:
«—Mais il n’y a aucun moyen. C’est un conte qu’on vous a fait.»
Alors, changeant de ton, il me demande:
«—En quoi puis-je vous être utile?»
Je lui montre l’erreur commise sur mon passeport. Il me fait entrer dans un cabinet, appelle une jeune fille, fait faire la correction, appose un tampon qu’il avait dans sa poche et, souriant, me dit: «Il n’y a pas à dire, vous êtes forte.»
Imbécile!
24 septembre.
Voici le moment si attendu. Je crois rêver. Depuis tant de semaines, en de continuelles alternatives d’espérances et d’angoisse, j’ai tenu bon, patienté, lutté, car la lutte était de tous les jours.
J’ai un immense soulagement et le regret de voir abîmé le beau rêve que j’avais fait de me retrouver ici dans une Russie calmée enfin, assagie, d’y poursuivre la tâche artistique que moi et quelques autres nous nous étions donnée.
La Révolution, l’infamie bolcheviste, n’a pas permis que nous allions jusqu’au bout.