Tant pis... Je tiens trop à écrire un jour un livre avec le souvenir poignant de ces heures.
28 septembre.
Enfin partie!...
Je vais essayer de me rappeler un peu l’anxiété des dernières heures en Russie.
Quand, munie du précieux passeport je fus arrivée à Bieliostroff, il a fallu attendre, attendre interminablement.
Impossible d’être renseignée. Les fonctionnaires ne veulent recevoir personne. Enfin, vers quatre heures, j’aperçus des bagages qu’on apportait. Je me précipitai à la douane. Mais on m’y déclara qu’il était trop tard pour partir, que la frontière était fermée, que je n’avais qu’à retourner coucher à Petrograd.
Un soldat, qui avait une bonne figure et parlait un peu le français, s’est apitoyé. Quelques roubles ont achevé de l’attendrir. Il a trouvé moyen de m’amener jusqu’à un commandant chargé de la police. Il n’a pas l’air trop rébarbatif. J’insiste.
«—Laissez passer, dit-il... mais il ajoute:
«—Si toutefois la Finlande vous le permet.»
J’affirme qu’il n’y aura aucune difficulté de ce côté.