Grâce à Dieu, ils ne réfléchissent pas et déclarent simplement que les billets sont confisqués. Seulement, comme malgré tout ils se méfient un peu, ils cherchent encore plus activement.

Tout est déballé, trituré avec des mains sales. Et je pense: «Pourvu qu’ils ne découvrent pas aussi mes billets, car alors nous sommes bien perdues!» Je tremble au moment où ils fouillent la boîte dangereuse, mais ils la referment sans avoir rien trouvé. Enfin sauvées! Quelle joie!

Maintenant, fouillez, mes amis, si tel est votre bon plaisir. Nos malles-armoires les amusent énormément. Ils ont une vraie joie à sortir un à un tous les tiroirs. Ils trouvent encore dans la malle de mon amie une pièce ancienne en or et une couronne de lauriers également en or. Ils confisquent naturellement les deux objets. Mais on les lui rend, car le jeune homme chargé de surveiller la fouille déclare par amabilité que ces deux pièces ne sont pas en or. Il a pitié de nous.

Enfin on referme le tout et on fait monter ma camarade chez le commandant. Elle en redescend toute souriante: il lui a tout rendu. Elle triomphe.

Maintenant il s’agit de passer en Finlande.

La voie ferrée a été détruite entre Bieliostrof et Raiooki. Et il faut porter nos bagages jusqu’à la frontière qui se trouve exactement à 150 mètres.

Naturellement, ce transport est un prétexte pour nous pressurer.

Le transport de nos bagages nous coûte exactement 360 roubles. C’est une exploitation éhontée.

Mais nous payons sans murmurer, heureuses, si heureuses d’approcher du but.

On décharge nos malles sur le petit pont qui relie les deux pays; la pluie s’est mise à tomber fine, serrée.