Nous en avons été quittes pour la peur.

Mais il n’y eut pas que cette inquiétude. Les nouvelles de la presse étaient de plus en plus mauvaises, du moins du côté russe. Aurions-nous le temps d’arriver en Russie avant les Allemands? N’allions-nous pas tomber dans un véritable guêpier, sans moyen d’échapper, sans espoir de retour?

D’un côté la menace révolutionnaire!

De l’autre côté, la menace ennemie!

A la grâce de Dieu!

Mes compagnons de route, deux médecins-majors et un courrier français montraient une confiance, une assurance aimable qu’ils communiquaient à tous.

Le voyage s’est en somme bien passé, traversant des pays splendides, voyage qui aurait été enchanteur pour des touristes.

Et je ne peux en croire mes yeux de me retrouver à Petrograd, comme j’y étais au mois de mars, sans plus de complications.

J’ai retrouvé mon appartement intact, avec mes meubles bien gardés par Lydia que j’avais laissée.

Alors que tant de mauvais domestiques dénoncent, se vengent, on rencontre des dévouements vraiment touchants.