Je me raidis. J’essaye de prendre bonne contenance et je fais quelques pas vers une table derrière laquelle j’entrevois une haute silhouette.
L’homme est debout, la main dans son gilet, dans une attitude qui rappelle Napoléon...
Cet homme, qui ne m’a rien dit encore, m’impressionne de la façon la plus désagréable, je vais pour m’asseoir dans un fauteuil vide qui se trouve là.
«—Il ne faut pas s’asseoir!» s’exclame une voix choquée de mon sans-gêne.
C’est le secrétaire si peu sympathique qui m’a introduite tout à l’heure.
«—Je suis fatiguée!» dis-je, et je reste dans le fauteuil.
Mon tour arrive brusquement, plus tôt que je ne pensais, et je remets au ministre-commissaire un papier préparé où j’ai écrit ma requête en français.
Une voix sèche, sifflante, me pose cette question, à laquelle je suis à cent lieues de m’attendre:
«—Parlez-vous allemand?»
Je ne perds cependant pas mon sang-froid, et simplement, je riposte: