«—Je pars pour la Belgique et la Hollande!»
Pourquoi-ai-je eu cette présence d’esprit?
Au moment où le rideau se baisse, on nous apprend la présence dans la salle de von Mirbach et de Kaiserling.
J’enrage de ne l’avoir pas su plus tôt!
Qu’aurais-fait de plus? Je ne sais pas...
J’essaye de raisonner mon exaspération:
N’est-ce pas une belle réponse à ces Boches,—déjà arrivés à Pétrograd, précurseurs sans doute de nombreux autres Boches et curieux de savoir comment se comporte le théâtre qui jouait jadis en français,—de leur montrer que, malgré les terribles événements, malgré la défaite russe, malgré le bolchevisme, malgré les massacres, les comédiens français sont toujours là, à leur poste, à jouer devant le public, devant les bolchevistes et même devant eux les chefs-d’œuvre de l’art français?...
22 février.
L’Allemagne! L’Allemagne!
Il n’y a plus que cette pensée en nous, pensée obsédante, torturante.