—A la fois poète et galant, poète comme M. Dorat, galant comme M. de Richelieu. Vous êtes un esprit accompli, sir Patrick.
—Vos louanges et votre indulgence ont autant de largesse que votre cœur, madame; mais permettez-moi de décliner le diplôme de poésie et de chevalerie que vous daignez m’octroyer; si Dieu m’eût fait de semblables dons, ce n’est point, veuillez le croire, M. Dorat ni M. de Richelieu que j’eusse pris pour émules. Plutôt Yung et Bayard.
—Yung, ce nouveau songe-creux?
—Oui, madame.
—Et Bayard, cette bégueule?
—Sans peur et sans reproche, madame.
—Vous avez d’étranges idées sur la vie. Je ne sais, monsieur, quel lucre vous pourrez en tirer, répliqua la Putiphar d’un ton de dépit, froissée qu’elle étoit par ces paroles austères.
—Toutefois, madame, je ne serai point déçu; je n’ai jamais songé à tirer un lucre de mes sentiments ni de ma conduite; je demeure simplement convaincu que le bien mène à bien.
La conversation prenoit une teinte sérieuse qui contrarioit les desseins de la Putiphar; elle l’interrompit tout net par une brusque interrogation.