—Ordonne, mon ami, je suis prête à te suivre en touts lieux.
—Avant qu’il soit plus tard, huit heures viennent de sonner à l’Abbaye, je vais courir aux Messageries; je retiendrai n’importe quelles places, dans n’importe quel carrosse, pourvu qu’il parte au point du jour, et se dirige vers le midi. Nous nous rendrons à Marseille, ou à Gênes, ou à Livourne; et là nous nous embarquerons pour le lieu de l’univers que nous aurons choisi.
—Va, mon Patrick, et reviens promptement. Montre-toi le moins possible; couvre-toi de ton manteau.—Pendant ce temps, pour distraire mon inquiétude, je préparerai toutes nos valises, que nous clorrons à ton retour. Va, veille bien sur toi, et que Dieu t’accompagne.
—Un baiser, Debby?
—Non, cela donne à la plus brève séparation l’air d’une longue absence. Sois prompt, et tu l’auras au retour.
—Ta main au moins, mon amie?
—Non, tout au retour.
—Partir! sans avoir baisé ce front qui pense à moi, ces mains qui me caressent, Debby; oh non! tu ne le voudrois pas! Cela me porteroit malheur.—On dit que le fer n’entre pas où se sont posées les lèvres d’une amante.
—Oh! alors, que je t’embrasse partout, Patrick, laisse-moi, que je te rende invulnérable! Laisse-moi que je te baise sur la place du cœur.