S’il en est qui peuvent à un signal donné désaimer ou prendre de l’amour, ce n’est pas moi. J’ai tout tenté; je me suis tout dit pour surmonter ma passion; et tout ce que j’ai fait pour la détruire n’a fait que la consolider. Enfin, j’ai cessé ce duel inégal avec la nature; et je me suis abandonnée au courant; dût-il m’entraîner dans un gouffre, résignée à tout, je le suivrai.

—A quelle école, s’il vous plaît, avez-vous appris un langage aussi odieux? Est-ce à l’école de votre paysan?

—Mon paysan n’est point un homme de scandale; et si mon langage est odieux, c’est que mon cœur est odieux, car il part de mon cœur. D’ailleurs je ne suis plus une enfant, je touche au tiers de la vie, et j’ai eu pour maître le malheur.

—Quels malheurs?... Dieu du ciel! si votre père vous entendoit, vous seriez morte!...

—Ne suis-je pas résignée à tout?

—Les soupçons du comte votre père sont donc fondés?

—Oui, ma mère.

—Vous revoyez donc le garçon Pat?

—Oui, ma mère, je revois M. Patrick Fitz-Whyte.