De plus, les voyelles a, eu, o sont fermées quand elles sont surmontées de l’accent circonflexe: pâte, jeûne, rôle, tandis que l’e, également fermé jadis, au moins dans certains mots, est aujourd’hui très ouvert presque partout dans le même cas: pêche, frêle, tête.
Nous verrons qu’il en est exactement de même de nos quatre voyelles devant l’s doux: écrase, heureuse, chose se prononcent comme pâte, jeûne, rôle; de même trapèze ou française comme pêche et frêle. Aussi les finales -ase, -euse, -ose, -èse ou -aise n’ont elles jamais d’accent circonflexe[27].
Au contraire, nous verrons l’r allonger toujours, et le v ordinairement, la voyelle qui précède, mais sans jamais la fermer: char et cher, beurre et bord, brave et brève, ont la voyelle longue, mais ouverte.
PREMIÈRE PARTIE LES VOYELLES
Pour étudier les voyelles, nous suivrons l’ordre du tableau. Nous examinerons donc successivement:
1º La voyelle a, à laquelle nous joindrons le groupe oi, diphtongue si l’on veut, puisqu’il exige deux sons vocaux, ou et a, mais qui est plus exactement un a précédé d’une semi-voyelle, ou ou w, et qui en tout cas peut avoir les mêmes nuances que l’a;
2º La voyelle e, ouverte ou fermée, en y joignant œ et æ, diphtongues latines, généralement fermées, ainsi que les groupes ai (ou ay) et ei (ou ey), qui sont généralement ouverts;
3º La voyelle eu, ouverte ou fermée;
4º La voyelle o, ouverte ou fermée, avec le groupe au (ou eau), généralement fermé;
5º Les voyelles extrêmes, i, u, ou, essentiellement fermées, et sur lesquelles il y a donc peu à dire, parce que la prononciation en diffère peu d’un mot à l’autre;