9º Après les consonnes, il faut distinguer, suivant la consonne qui précède.
Quand l’s est séparé de la voyelle par une consonne non articulée, il ne se prononce pas non plus: ga(rs), la(cs) et entrela(cs), poi(ds), le(gs) et me(ts), pui(ts), pou(ls), tem(ps) et défen(ds), rom(ps) et fon(ds), cor(ps) et remor(ds)[766].
Ceux même qui prononcent à tort le g de le(gs) ne vont pas jusqu’à prononcer l’s. La seule exception est fi(l)s, que nous avons vu à l’i.
En revanche, à part cor(ps), le groupe final ps se prononce toujours entier, parce qu’il n’appartient pas à des mots proprement français: laps et relaps, schnaps, reps, seps, biceps, princeps, forceps, éthiops et anchilops.
On articule aussi intégralement rams et aurochs (aurox). On notera seulement la tendance qui se manifeste, notamment chez Victor Hugo, à remplacer aurochs par auroch: en ce cas, le pluriel se prononce comme le singulier; mais c’est aurochs qui est le vrai mot[767].
D’autre part, quand l’s est séparé de la voyelle par un r, l’r se prononce toujours[768]; mais l’s ne se prononce pas: univer(s), alor(s), toujour(s), ailleur(s), etc. Il faut éviter avec grand soin de prononcer alorsse, quoiqu’on prononce l’s dans le composé lorsque. Le substantif cour(s) se prononce de même sans s.
Il y a pourtant trois exceptions: le mot mars a repris son s depuis longtemps[769]; les mots mœurs et ours ont repris le leur au dernier siècle, et il n’est plus possible de le supprimer qu’en vers, pour l’harmonie, et surtout quand la rime l’exige[770].
2º L’S intérieur.
Dans le corps des mots, l’s se prononce presque toujours, mais quand il se prononce, il est tantôt dur ou sourd, ce qui est le son normal, tantôt doux ou sonore.
I.—Devant une consonne, l’s se prononce partout en principe, et toujours ou presque toujours avec le son dur: les s qui ne se prononçaient pas ont en effet disparu de l’orthographe. Il se prononce ainsi même à la fin des mots: fisc, busc, musc et les mots en -st[771].