II. Entre consonne et voyelle, l’s est encore dur en principe.

Il est dur notamment après un r: sur-seoir et sur-sis (et non surzis), traver-sin, subver-sif, etc.; mais il est doux dans jersey[781].

Il est doux entre l et a, dans balsamique et les mots de cette famille[782].

On a vu que l’accommodation changeait le b en p dans les mots qui commencent par abs- et obs-, et aussi subs-, mais sauf devant i. En effet, dans subsister, l’accommodation paraît être plus souvent régressive, c’est-à-dire que c’est la seconde consonne qui s’accommode à la première: subzister plutôt que supsister, et de même subzistance, sans doute par l’analogie de sister, exister et sister, dont nous allons parler dans un instant[783].

Il en est de même le plus souvent dans subside et subsidiaire[784].

Au contraire, c’est le b qui se change normalement en p dans abside et dans subséquent[785].

III. Entre deux voyelles dont la première n’est pas nasale, l’s prend régulièrement le son doux, quelle que soit l’étymologie: rose, vase, cytise, basilique, vasistas, philosophe, misanthrope, etc.[786]. Il prend le son doux même dans les préfixes à s final dés- et més-, et cela peut passer pour une liaison naturelle: s-unir, s-armer, s-user, s-intelligence, etc.[787]. Pourtant l’s est resté dur dans dys-enterie et dys-entérique[788].

L’s prend encore le son doux, et ceci pourrait surprendre, dans -signer et se dé-sister (sans parler de soler), et généralement après les préfixes ré- et pré-: -server et pré-server, -sider et pré-sider, -solution, -sonance, -sumer et pré-sumer, présage, pré-somption, etc. Cela tient à ce que, dans ces mots, le simple a disparu, ou bien il est resté avec un sens très différent: dans les deux cas, le composé est traité comme un mot simple.

Il en est de même du mot abasourdir, où l’élément sourd a pu être méconnu, et par l’absence d’un préfixe usité, et à cause du sens abstrait qu’a pris le mot.

Néanmoins, l’s reste dur dans certains cas, avec ou sans préfixe, et beaucoup plus souvent qu’on ne croit: