3º Le mot chocolat, au moins à Paris. C’est peut-être à cause de son étymologie espagnole chocolate, mot qui a l’accent sur l’a; mais cet a est destiné à s’ouvrir, comme dans les autres mots en -at, et on n’est nullement obligé de le fermer.

4º Les interjections bah et hourra, dont le son se prolonge naturellement; mais si l’on fait de hourra un substantif, il rentre dans la règle générale. Hourra est d’ailleurs d’origine anglaise, et avait d’abord un h final; or l’h final, qui, en dehors des interjections bah et pouah, appartient uniquement à des mots d’origine étrangère, avait pour effet d’allonger et de fermer l’a; mais cet effet est aussi en voie de disparition, à mesure que les mots achèvent de se franciser[29].

Quand l’a est suivi d’une consonne qui ne se prononce pas, elle n’y change pas d’ordinaire grand chose; et surtout, ici comme partout ailleurs, les pluriels ne diffèrent plus en rien des singuliers: un opéra, des opéras, une villa, des villas[30].

Peut-être l’a s’ouvre-t-il un peu plus devant le t (avec ou sans s): un candidat, des candidats[31]. Peut-être aussi est-il encore un peu plus fermé dans les futurs, comme tu aimeras, que dans les prétérits, comme tu aimas, mais c’est peu de chose.

Toutefois, l’a est resté en général un peu long et fermé, au moins à Paris, dans la plupart des mots qui ont un s au singulier comme au pluriel: bas, cas, las, lilas, trépas, tas. Mais ici même, par analogie, l’a s’est ouvert ou tend à s’ouvrir dans un grand nombre de mots: galimatias, tracas, chas, et surtout les mots en -las, -nas, -ras et -tas: matelas, chasselas, cervelas, entrelacs et verglas, ananas et cadenas, bras et embarras, taffetas et galetas. Même des rimes comme cas et avocats, bas et grabats n’ont plus rien de choquant.

2º L’A suivi d’une consonne articulée.

Quand l’a est suivi d’une consonne articulée, en principe il s’ouvre et s’abrège plus ou moins. Le rôle que jouent ici les consonnes, ou du moins la plupart des consonnes, se marque nettement dans certains féminins: l’a, qui n’est encore que moyen dans délicat, candidat, scélérat ou ingrat, achève de s’ouvrir et de s’abréger dans délicate, candidate, scélérate ou ingrate[32]. Et ce qui prouve bien que c’est la consonne qui fait tout, et que l’e muet n’y est pour rien, c’est que mate, féminin de mat, ne se prononce pas autrement que le masculin, le t étant articulé dans les deux cas.

Cette ouverture de l’a se manifeste presque également dans la plupart des finales à consonne, qui ainsi ne diffèrent les unes des autres que par la quantité[33]. C’est donc la quantité qui nous permettra de les classer.

I. A bref.—Les finales les plus brèves sont celles dont la consonne est une des trois explosives brusques, c, p, t[34].

-ac, -ak et -aque: cognac et lac, laque et baraque[35].