-ap et -ape, ou -appe: cap et cape, pape et frappe[36]. On ferme souvent l’a dans dérape, par une fausse analogie avec râpe, qui est pour raspe, mais c’est une erreur.

-at et -ate, ou -atte, et même -âtes: mat et tomate, rate, sonate et donnâtes[37].

Ici encore, il ne faut pas qu’une fausse analogie fasse altérer les formes des deux verbes mater, qui n’en font qu’un: ils viennent de mat, terme du jeu d’échecs, dont l’a est ouvert et bref, et sans rapport avec mâter, terme de marine dérivé de mât.

Avec ces finales doivent figurer, étant brèves aussi, celles qui ont une spirante également brusque ou sourde, f, ch, s.

-af, -afe et -aphe: gnaf, gaffe, orthographe.

-ache: h, tache, moustache, arrache[38].

-ace et -asse, ou -ass (mais non -as): dédicace et carcasse, chasse, face et fasse, terrasse et vorace, ray-grass, etc., et les imparfaits de subjonctifs, autrefois longs. Mais, comme tout à l’heure pour les mots en as où l’s ne s’articulait pas, il y a ici beaucoup d’exceptions parmi les mots en -asse.

L’a est fermé et long en principe, d’abord dans les dérivés des mots en -as qui ont l’a long, mais non pas dans tous. Il l’est dans les adjectifs féminins basse, lasse (et le verbe) et grasse, qui conservent l’a fermé du singulier; puis dans les verbes amasse et ramasse, passe et trépasse (avec impasse, quoique moins régulièrement), sasse et ressasse (pas toujours non plus), tasse et entasse, peut-être même compasse, damasse, brasse et le substantif embrasse (mais non le verbe). Il est fermé également dans casse, terme d’imprimerie, dans prélasse, par analogie avec lasse, dans classe et déclasse, et le substantif tasse. A Paris, on y ajoute généralement calebasse, échasse, nasse, cadenasse et Parnasse ou Montparnasse, et même des mots en -ace: espace et lace, avec ses dérivés; mais ceci n’est point du tout indispensable, pas plus que pour la casse du pharmacien, ou la casse de la cuisinière[39].

Quant aux mots en -as où l’s s’articule, l’a y est fermé partout; mais il n’y a là de proprement français que le mot as (terme de jeu) et les interjections las ou hélas; les autres mots sont des mots grecs, latins ou étrangers, et surtout des noms propres anciens (y compris atlas et hypocras). Cette prononciation s’est imposée même à des mots récents, où l’étymologie semblait exiger un a bref et ouvert, comme stras et vasistas[40].

II. A moyen.—Immédiatement après ces finales viennent celles dont la consonne est une des trois explosives sonores ou retardées, b, d, et g[41]. La résonance qui précède le son, et qui en retarde l’explosion, a pour effet de rendre la voyelle un peu moins brève; mais elle est tout aussi ouverte dans chacune des finales.