1º Voici d’abord trois mots en -tie: ortie, d’origine populaire[846]; sotie, dérivé populaire de sot, qui avait deux t autrefois comme sottise, et qui a gardé sa prononciation en devenant savant; enfin tutie, qui ne vient pas du latin[847].
Épizootie est encore flottant[848].
2º Voici quelques mots plus ou moins savants, où ti- a résisté à l’analogie et a gardé la prononciation du grec: d’abord éléphantiasis ou étiologie, sans compter tiare; d’autre part tous les mots où le t est séparé de l’i par un h, ce th étant grec: sympat(h)ie, pyt(h)ie, corint(h)ien; de sorte qu’ici non seulement l’h ne change rien au t, mais aide à le conserver intact[849].
Pourtant la tendance générale est telle que le mot chrestomat(h)ie a été fortement altéré et l’est encore assez généralement; mais la prononciation correcte de ce mot savant, qui n’est pas latin, est tie et non cie, et les jeunes professeurs commencent à la restaurer.
3º Il y a encore les mots qui ont un préfixe en -ti, à savoir: d’une part le mot centiare, qui a gardé devant le mot are la prononciation uniforme du préfixe centi-, quoiqu’une diphtongue s’y soit formée dès le principe; d’autre part les mots commençant par le préfixe anti-, comme antialcoolisme, où il n’y a point de diphtongue.
4º Restent quelques mots populaires d’origine inconnue: galimatias, qu’une étymologie fantaisiste a rattaché à Mathias; étioler, étiolement, qui se rattachent peut-être à éteule; et aussi l’espagnol patio[850].
Cette énumération, qu’on trouvera ici pour la première fois, fut longue sans doute, mais celle des mots où le t est sifflant l’eût été davantage, et peut-être même impossible, en tout cas beaucoup plus difficile à classer méthodiquement[851].
3º Le T double.
Le t double se prononce encore simple assez généralement, et autrefois il n’y avait point d’exception.
Parmi les mots commençant par att-, qui sont fort nombreux, il n’y a guère qu’at-tique et at-ticisme où l’on soit à peu près obligé de prononcer deux t[852]; mais il faut avouer que cette prononciation commence à atteindre fortement beaucoup d’autres mots où elle ne s’impose nullement, comme at-tenter, at-tentif, at-ténuer, at-terrer, at-tester, at-tiédir, at-titré, at-titude, at-touchement, at-traction, at-tributif, at-trister, at-trition.