Il en est de même du z, simple ou double, des mots étrangers, quand nous les francisons: lazarone, scherzo, pou(z)zolane, mue(z)zin, souvent aussi ra(z)zia ou la(z)zi[892].

Quand nous ne francisons pas les mots étrangers, le z allemand se prononce ts[893].

Le z italien, simple ou double, se prononce quelquefois aussi ts, comme dans grazioso, plus souvent dz: piazza, piazzetta, lazzi, mezzo, mezzanine, pizzicati[894].

L’espagnol plaza se prononce plaça.

RÉCAPITULATION DES CONSONNES

On vient de voir de quelles manières différentes peuvent se prononcer à l’occasion les mêmes lettres, sans compter les cas où elles ne se prononcent pas du tout. Nous allons, pour récapituler ce chapitre, faire rapidement l’inverse, et montrer de combien de manières s’écrit chez nous chacun des sons que nous employons.

On a déjà vu les innombrables graphies des voyelles nasales; ceci achèvera de faire admirer comme il convient la logique de notre orthographe. Cette fois nous suivrons l’ordre rationnel qui est sans inconvénients.

Parmi les explosives, les labiales b et p et les dentales d et t se bornent à pouvoir s’écrire simples ou doubles, tout en se prononçant simples: habit et abbé, per et appel, adieu et addition, tir et battre. Elles peuvent aussi s’interchanger: absent devient apsent et decine devient metsine. Tout cela est peu de chose et, si le reste y ressemblait, notre orthographe serait une pure merveille[895].

Mais pour les gutturales, c’est une autre affaire: la gutturale forte ou sourde s’écrit c dans raconter, cc dans accord, ch dans chrétien, k dans képi, ck dans bock, kh dans khédive, q dans coq, qu dans quatre, cq dans Jacques, cqu dans becqueter, x dans excès ou Xérès, et même g dans Bourg, sans compter qu’elle fait ordinairement la moitié de l’x; la gutturale douce ou sonore s’écrit g dans grave, gg dans aggraver, gu dans gueule, gh dans ghetto, c dans second, parfois même ch dans drachme, ou qu dans aqueduc, et fait la moitié de l’x dans exemple.

De même, parmi les spirantes, nous retrouvons un peu plus de simplicité dans les fricatives et les chuintantes: les fortes s’écrivent seulement de quatre manières: f, ff, ph ou v, et ch, sh, sch ou j: fait, effet, phare, crè(v)e-cœur, et chat, shako, schisme, rej(e)ter; les douces n’en ont que trois: v, w ou f, et j, g ou ge: vague, wagon, neuf ans, et enjôler, rougir, geôle, sans compter tach(e) de vin.