Enfin on dit généralement de la mor(t) taux rats, pour le même motif[926].

C’est à peu près tout. Je ne conseille même pas plus par rappor(t) tà et de par(t) tet d’autre, qui se disent très souvent, que de par(t) ten par(t), qui est devenu fort rare, ou bor(d) tà bord, mor(t) tou vif, souffrir mor(t) tet passion, à tor(t) tet à travers, qui ne se disent jamais.

On ne dit pas non plus du nor(d) tau midi; mais beaucoup de personnes disent nor(d)-dest et nor(d)-douest, sans doute par analogie avec sud-est et sud-ouest. Cette assimilation, d’ailleurs fort ancienne, est extrêmement contestable, car le d de sud se prononce toujours, et celui de nor(d) jamais; aussi le d de sud reste-t-il d dans sud-ouest, fort légitimement; mais à quel titre le d de nord peut-il se prononcer d dans nor(d)-ouest ou nor(d)-est? Sans doute il est possible de traiter le mot composé comme un mot simple, et il est vrai que les marins disent aussi nordet, par analogie avec sudet; mais en revanche ils disent noroit, et même suroit, ce qui est remarquable. Je conclus qu’il vaut mieux prononcer nor(d)-ouest, ce qui entraîne à peu près nécessairement nor(d)-est.

LIAISONS DES SPIRANTES

1º Les chuintantes et les fricatives.

Les chuintantes, n’étant jamais muettes à la fin d’un mot, n’ont pas de liaisons.

Les fricatives n’en ont pas davantage. Pourtant il y a une exception, reste de l’ancienne liaison de l’f avec changement en v[927]. Voici dans quel cas. Nous avons vu que neuf se prononçait neu fermé sans f devant un pluriel, ce qui doit amener régulièrement une liaison si ce pluriel commence par une voyelle. Or, dans cette liaison, l’f devrait se changer en v, comme dans neuvaine et neuvième. Mais ce phénomène ne se retrouve guère en réalité que dans deux expressions, d’ailleurs extrêmement usitées, et qui pour ce motif se conservent intactes: d’une part, neu(f) vans, dix-neu(f) vans, etc., d’autre part, neu(f) vheures. C’est à peu près tout: à peine peut-on dire neu(f) vhommes; en tout cas il est bien difficile aujourd’hui de dire neu(f) vœufs ou neu(f) venfants; c’est pourquoi, devant la plupart des pluriels commençant par une voyelle, la liaison, si c’est une liaison, se fait généralement par f; plus exactement, on prononce neuf, comme si le mot qui suit n’était pas un pluriel: neuf amis, et même neuf années, à côté de neu(f) vans[928].

2º Les sifflantes, S, X, Z.

Restent les sifflantes, s et z, et aussi x, partout où il remplace l’s, c’est-à-dire partout où il ne se prononce pas.

Le cas des sifflantes est au moins aussi important que celui des dentales, et demande à être aussi étudié de près.