En résumé, l’a reste bref ou moyen devant quatorze consonnes, sauf les exceptions, et s’allonge devant quatre ou cinq seulement. Mais il n’est fermé régulièrement que devant une seule, la sifflante douce.

3º L’A suivi des groupes à liquide.

Il ne nous reste plus à examiner pour l’a tonique que les groupes où il est suivi de deux consonnes, dont la seconde est une liquide, groupes qui sont tous très courts.

Quand la seconde consonne est un l, l’a s’allonge assez ordinairement et tend à se fermer; mais trois groupes seulement de cette espèce se sont formés en français.

1º Les mots en -able ont toujours été fort discutés. L’a est encore un peu fermé et assez long dans les substantifs diable, jable, sable, fable, érable et dans affable et accable: beaucoup de gens prononcent ces mots exactement comme hâble, câble et râble. C’est parfaitement correct, pourvu que cette prononciation ne passe pas à table ou étable, ni surtout aux adjectifs à suffixe -able, dont l’a, sans être bref, n’est pas non plus fermé. Toutefois on pense bien qu’en poésie, dans la rime accable-implacable, l’a doit être absolument fermé, pour être plus long[60].

2º Les mots en -acle ont été aussi fort discutés. L’a est ouvert généralement dans macle et les mots en -nacle et -tacle: cénacle, pinacle, obstacle, et c’est une erreur de le fermer dans obstacle ou tabernacle. Mais en revanche il est généralement fermé dans les mots en -racle: racle, miracle et oracle[61].

3º L’a est toujours fermé dans rafle et érafle[62].

Quand la seconde consonne est un r, l’a est en général ouvert ou fermé, suivant que l’r est précédé d’une sourde ou d’une sonore.

1º L’a est ouvert de préférence, et par suite bref ou moyen, quand l’r est précédé d’une sourde, c’est-à-dire, en principe, dans les finales -apre, -acre, -atre et -afre: diacre, sacre, simulacre, nacre, sacre et massacre; battre et ses composés, avec quatre et barathre; affres et balafre. Quelques personnes ferment encore l’a dans affres[63].

2º L’a est de préférence long et fermé, quand l’r est précédé d’une sonore. Pourtant il est encore ouvert dans la finale -agre: podagre, onagre[64]. En revanche il est fermé dans cadre et escadre[65]; et pourtant, dans ladre, il est plutôt ouvert[66]. Mais surtout l’a est long et assez fermé dans les finales -abre et -avre: cabre, macabre, délabre, candélabre ou sabre, havre, cadavre ou navre; toutefois cette prononciation n’est pas absolument générale, notamment pour palabre et cinabre, ni sans doute pour glabre[67].