[142] Le Dictionnaire général maintient la voyelle brève. L’e est long aussi dans Campêche, mais non dans La Flèche ou Ardèche, ni dans Fesch ou Marakesch.

[143] Les termes qui désignent des personnes, duchesse, comtesse, princesse, esse, altesse, hôtesse, etc., ont eu longtemps aussi l’e plus long que les mots abstraits, mais c’était en province plutôt qu’à Paris. Aujourd’hui encore, les noms propres en -èce, Boèce, Végèce, Lucrèce, Grèce, Lutèce, allongent volontiers l’e dans la prononciation oratoire; mais Bresse, Permesse, Gonesse, avaient déjà l’e bref au temps de Ménage. Il y faut joindre Hesse, Tcherkesses, Edesse, etc., avec Metz et Retz, quoique quelques-uns prononcent encore (cf. rez, page 53).

[144] La plupart sont des noms propres: Périclès, Bénarès, Ramsès, Agnès, etc. Les mots latins non francisés ou incomplètement francisés n’ont pas l’accent grave: facies, ad patres, do ut des, etc., mais se prononcent de la même manière. Il en est de même des noms espagnols ou portugais en -es: Rosales, Morales, Traz os Montes, Torres-Vedras, aussi bien que Cervantes, à qui nous donnons ordinairement un accent, faute de quoi beaucoup de personnes sont tentées de prononcer Cervante. Toutefois nous faisons es muet dans Buenos-Ayres.

[145] «Un beau diseur était au spectacle dans une loge, à côté de deux femmes, dont l’une était l’épouse d’un agioteur, ci-devant laquais; l’autre d’un fournisseur, ci-devant savetier. Tout à coup le jeune homme trouve sous sa main un éventail: «Madame, dit-il à la première, cet éventail est-il à vous?—Il n’est poin-z-à moi.—Est-il à vous, en le présentant à l’autre?—Il n’est pa-t-à moi.—Le beau diseur, en riant: Il n’est poin-z-à vous, il n’est pa-t-à vous, je ne sais pa-t-à-qu’est-ce. Cette plaisanterie a couru dans les cercles, et le mot est resté.»

[146] Il a l’e bref dans le Dictionnaire général: toujours l’étymologie!

[147] On allonge plus régulièrement l’e dans Thèbes, mais non dans Turnèbe, Erèbe, Eusèbe, etc., pas plus que dans Bab-el-Mandeb, Horeb ou Maghreb.

[148] De même Alfred, Manfred et parfois Auerstæd(t), Suède, Tolède, Archimède, Nicomède, Tancrède, etc., et aussi Mèdes, qu’on allonge parfois, sans qu’il y ait plus de raisons que pour les autres.

[149] De même Touareg, Gregh, don Diègue, Nimègue.

[150] De même Samuel, Rachel, Deschanel, Adèle, Philomèle, Praxitèle, Isabelle, Dardanelles, Sganarelle, Bruxelles, etc. On peut franciser, avec le même son ouvert et assez bref, les noms germaniques en el, Hegel, Schlegel, Hændel; dans ceux qui ne sont pas francisés, l’e est presque muet. A cette catégorie appartient aussi pale ale.

[151] Ressemèle ou ressemelle, grommèle ou grommelle, ficèle ou ficelle, etc., qu’importe?