[179] Ou celui de don Pèdre. Celui de Phèdre, au moins celui de l’héroïne, s’allonge aussi volontiers en poésie.

[180] Quoique le Dictionnaire général fasse l’e long dans mètre, urètre et pyrètre; il le ferait tel aussi sans doute dans pénètre ou perpètre, s’il donnait la prononciation de ces mots.

[181] Mètre lui-même pourrait à la rigueur rimer avec mtre; mettre ne pourrait pas. Mais les seuls e proprement longs ici sont ceux de être, hêtre, fenêtre, empêtre, champêtre, prêtre, ancêtre et Bicêtre, qui ont perdu leur s; et ceux de guêtre et salpêtre, qui sont devenus longs sans raison évidente.

[182] Quoique le Dictionnaire général n’en fasse point.

[183] De même les noms propres Bièvre, Nièvre et Penthièvre. Les autres noms propres, Lefèvre (ou Lefebvre), Genèvre, et surtout Sèvres, ouvrent leur e plus régulièrement.

[184] Il faut donc corriger les grammaires sur ce point: l’e surmonté de l’accent grave est toujours ouvert, mais l’e surmonté de l’accent aigu n’est certainement fermé que quand il est final.

[185] Le Dictionnaire général l’ignore. L’abbé Rousselot l’exagère. On notera ici aussi que des mots comme suprématie ou extrémité n’ont jamais eu l’accent circonflexe, qui n’est sur extrême ou suprême qu’un signe de quantité arbitraire: voir page 63, note 1. Mélange et mélanger ne l’ont pas non plus, et ont l’e moyen et même bref, malgré mêle et mêler. Des mots étrangers, comme pehlvi, ont encore l’e atone fermé et long; mais il faut faire effort pour le maintenir, car la tendance est de l’ouvrir en l’abrégeant. L’e n’est non plus ni ouvert ni long dans du Gue(s)clin, Dume(s)nil, Duche(s)nois; il est même fermé dans Saint-Me(s)min; mais il est ouvert dans Champme(s).

[186] De même terrain ou terrasse, terrestre ou atterrir, malgré l’e ouvert de terrer et terreau. On peut aussi comparer serrer et ferrer: la différence est grande.

[187] La prononciation fegnan a d’ailleurs pour elle de vieilles traditions. Au XVᵉ et au XVIᵉ siècle, l’hiatus intérieur éa et surtout éan se résolvait par une diphtongue qui tantôt se réduisait à a et an, comme dans dea (oui-da) ou Jehan, tantôt conduisait à ian, comme dans léans ou Orléans. Néant fut dans ce cas, et on le voit rimer avec escient ou inconvénient; néanmoins a souvent deux syllabes à cette époque, et fainéant aussi, jusque dans Baïf.

[188] Voir page 64; on reviendra sur ce point au chapitre des nasales.