[189] Le Dictionnaire général ne connaît encore que la prononciation par a, quoique l’Académie se soit abstenue, en 1878, pour hennir. Thurot avoue qu’on prononce aujourd’hui nenni et hennir par e; mais il ajoute qu’on prononce les deux n: je n’ai jamais entendu cela. Jenny se prononce encore beaucoup par a; mais la prononciation par e se répand de plus en plus.
[190] C’est le même phénomène qui s’est produit dans fouet ou fouetter, et qui est en voie de se produire dans couenne et couette. Les adverbes en -emment sont inaltérables, à cause du voisinage constant de leurs primitifs en -ent; mais rouennerie, sinon rouennais, est mal protégé par Rouen.
[191] Michaëlis et Passy, qui admettent cette prononciation, admettent aussi qu’rir pour quérir: je me demande dans quel faubourg ils ont pris cette prononciation patoise.
[192] Alleluia, et cetera, confiteor, deleatur, libera, exeat, memento, miserere, nota bene, te deum, Unigenitus, veto, et à fortiori vade mecum et rebus, qui sont francisés. On ferait bien pourtant de fermer l’e, même non final, dans beaucoup de mots latins où il est long: credo, Remus, amant alterna Camenæ, cedant arma togæ, delenda Carthago, experto crede Roberto, habemus confitentem reum, in extremis, ne varietur, veni vidi vici, etc.
[193] De même Œdipe, Œnone, Œta, Mœris, Ægos-Potamos, Pæstum, Lætitia, etc. Il ne faut donc pas confondre l’œ latin d’Œdipe, avec l’œ allemand de Gœthe, dont nous allons parler: édipe, et non eudipe, comme on l’entend parfois. Pour œ suivi d’u, voir eu. L’e ne doit pas se prononcer dans Co(ë)tlogon, et l’on prétend qu’il se prononce oi dans Tréville.
[194] Il y a de même un e mi-ouvert dans des noms italiens ou espagnols comme Angelo, Barberini, Bolsena, Cabrera ou Caprera, Consuelo, Montebello, Monte-Cristo, Montecuculli, Montenegro, Montevideo, Montezuma, Pontecorvo, Puebla, Serao, Torre del Greco, Calderon, Lop(e) de Vega, Venezuela, Vera Cruz, et aussi dans des noms allemands ou anglais comme Remington, Weser, ou d’autres pays comme Cameroun, Skobelef ou Tourguenef, Swedenborg, etc. On notera qu’il est généralement fermé dans les noms allemands, quand il est initial, comme dans Bebel, Ebers, Lenau, Reber, Weber.
[195] Il se prononce alors comme l’e muet (eu), mais extrêmement bref et presque insensible, encore plus faible que dans les finales en -et, -en ou -er; ainsi dans Esch(e)nbach, Fürst(e)nberg ou Fahr(e)nheit. De même dans l’anglais Syd(e)nham, ou même gard(e)n-party; sans parler de le qu’on intervertit, comme dans gentleman, prononcé djent(e)lman, ou steeple-chase, prononcé stîp(e)ltchèse, ou Castlerea(gh), etc.
[196] Ce tréma représente en effet un e primitif.
[197] Par exemple dans Frœschwiller (au contraire de Wœrth), dans Kœchlin, Rœderer, Schœffer, Schœlcher. Dans Rœderer, quelques historiens voudraient remplacer ré par reu, mais dans le commerce des vins, on prononce uniquement ré. Cette prononciation par é est encore admissible ou tolérable dans Kœnigsberg, quoiqu’on prononce plutôt keunixbergue.
[198] Comme dans Gro-ënland, ou même Féro-ë.