[208] Voir Banville Diane au bois, acte I, scène 1:
Le bon tour! O doux vin par le soleil moiré,
Sois tranquille, je t’ai volé, je te boirai!
Cette rime fut excellente, mais ne s’impose plus du tout.
[209] On devrait aussi écrire ponet, puisque ce mot a pris un féminin, qui est ponette.
Ay final n’existe plus en français que dans les noms propres, où il a le même son que ai; ainsi, dans Belley ou Du Bellay, ey et ay sont plus ouverts que l’e qui précède: on prononçait bèlé, on prononce bélè et aussi belè. De même Seignelay, Epernay, Sarcey, etc., et aussi Bombay, Macaulay, Berkeley, Stanley, Bidpay ou Pilpay, comme Jokai ou Tokay. Briey se prononce aussi Bri-yi. Dans certaines localités méridionales, comme Hay, Tournay et Espoey, l’y grec se prononce à part, comme si la finale était a-ye ou e-ye. Quant à Pompéi, on le francise encore le plus souvent en lui donnant trois syllabes: Pompé-ï; mais la vraie prononciation est en deux, eï étant en réalité une diphtongue qui se prononce comme dans paye; cette prononciation, adoptée par les voyageurs qui ont vu le pays, a des chances de se répandre, depuis que des noms tels que Tolstoï nous ont habitués à ce genre de finales. On peut en dire autant de Mafféi. Véies aussi vaut mieux prononcé comme veille, que Vé-ies, en deux syllabes.
J’étais l’Arioste et l’Homère
D’un poème éclos d’un seul jet;
Pendant que je parlais, leur mère
Les regardait rire, et songeait.
V. Hugo, Contempl., IV, 9.
[211] Voir ce qui est dit page 56, à l’occasion des finales en ée. En tout cas -aie ne saurait être moins ouvert que -ai; par suite, dans La Fresnaye (car les noms propres ont gardé l’y), c’est la dernière syllabe qui est la plus ouverte, et l’e long de frêne (fresne) se ferme ici à moitié: prononcez énè plutôt que èné.
[212] On peut même dire que parfaite rime mieux avec estafette qu’avec faîte, et même prophète. Il en est de même de vous faites, que les poètes seuls prennent la liberté d’allonger:
Mais songez à ce que vous faites!
Hélas! cet ange au front si beau,
Quand vous m’appelez à vos fêtes,
Peut-être a froid dans son tombeau.
V. Hugo, Contempl., IV, 9.